
Bonsoir,
Je suis un soudeur convenable tig inox faible épaisseur suivant les normes ASME. je viens de changer d'emploi et mon nouvel employeur (un petit chantier naval de plaisance) a décidé que je devais dès demain souder de l'aluminium, chose que je n'ai jamais fait (il le sait, il maitrise assez mal la soudure mig alu, mais il a besoin d'un soudeur alu tig demain et je suis là). Le but n'est pas de devenir un expert en une nuit mais de savoir quels sont les problèmes auxquels je vais être confronté et si je peux espérer non pas obtenir un résultat parfait mais quelque chose de techniquement satisfaisant même après quelques cafouillages: il s'agit de reboucher de nombreux trous dont la sale apparence est provoquée par l'électrolyse entre les vis et boulons inox et l'alu, puis de ressouder toutes les pièces préalablement boulonnées. quand je vois l'apparence des soudures sur ce bateau (à part celles concernant l'étanchéité de la coque, on dirait du collage, pas ou peu de pénétration), je me dis que même si je ne fais pas propre, ça n'est pas bien grave, mais je dois faire solide et étanche (ce que je sais faire avec inox, 100% de contrôle et très peu de fuites en deux ans). tout conseil, même plus tard serait le bienvenu... Pour l'instant, j'ai chanfreiné les trous pour obtenir une surface non corrodée, je compte les refraiser immédiatement avant rebouchage au métal d'apport (je ne connais même pas la nuance de ce dernier, non plus que le poste, tout ce que je sais c'est que le bateau est en AG4 et que le gaz est de l'Arcal) pour éliminer la majeure partie de l'alumine. Je crois savoir qu'il faut un courant alternatif et je n'ai aucune idée de l'ampérage pour des tôles de 3 à 5 mm. Merci de votre aide
J'ai vu aussi que les ampérages préconisés me semblent très forts: pour moi quiavait la réputation d'être un ''bombardier'': 100 A pour de l'inox bord à bord en 1 mm, je croyais que l'alu nécessitait de moins fortes puissances: 135 A pour de l'alu de 3, est-ce normal'

salut ronanm j'espere que tu t'en est sorti.... j'etais dans le même cas que toi il est vrai que passer de l'inox à l'alu c'est pas evident surtout l'orsqu'on n'a aucune base
il est vrai que sa ne se soude pas pareil ,le bain est different les intensitèes sont plus élevées(quoi que sa depend aussi de "la main du soudeur") passer du courant continu à l'alternatif est surprenant(j'utilise des bouchons pour mes oreilles)
pour se qui concerne les parametres du poste j'utilise les mêmes que pour l'inox (mise a part l'intensité et l'evanouisseur plus long)
degraisse bien le metal d'apport et les pieces a souder, pour l'intensité :135 A pour de l'alu de 3, est-ce normal' oui c'est tout à fait normal (a cause de la couche d'alumine qu'il faut briser)
n'hesite pas à aller sur you tube y'a des videos interessantes
j'ai mi la mienne (si mon patron le savait!!!!!!)
http://fr.youtube.com/watch?v=5eJUGjqGGs4
j'espere que ses humbles conseils t'aideront pour la suite tiens moi au courant et bonne chance.....a+

Merci de ta réponse Karim.
Tout c'est presque bien passé. Les premières soudures ne sont pas très belles, mais j'ai commencé par les moins visibles des reprises faciles. Les dernières sont largement aussi bien faites que les soudures d'origine. Pour ceux que l'aventure intéresse ou qui peuvent se trouver confronté au même problème, voici les réponses que j'ai pu trouver:
-réglage du poste en alternatif, une montée en ampèrage progressive semble préférable pour bien chauffer la pièce avant de mettre le métal d'apport (cela doit dépendre de la main du soudeur)
-140 à 210 A pour souder des tôles de 3 à 6 mm, le débit de gaz ne pourrait être que de 5 litres/minute mais je ne disposais pas d'une torche refroidie et je suis monté à 11 l/min pour que la torche ne chauffe pas trop vite. c'est un problème, le gaz a tendance à pousser le bain qui est très léger
-L'aluminium chauffe assez vite, on peut donc accélérer au fur et à mesure que l'on progresse
-Comme dit plus haut, une torche refroidie est vivement recommandée pour des cordons de plus de 30 cm, un courant pulsé n'est pas superflu quoique je n'ai eu que peu de déformations
- un bon décapage des pièces (meulage) est nécessaire pour faire de beaux cordons, particulièrement sur les pièces anodisées. sur un bateau c'est un problème: soit on décape sur une bonne largeur pour obtenir un beau cordon mais la pièce se corrodera, soit on décape au ras de la soudure mais celle-ci se charge d'impuretés et présent un aspect irrégulier. j'ai préféré cette solution en repassant un coup de torche pour régulariser
-L'électrode n'étant pas affutée, il vaut mieux ne pas balayer sauf au départ, avant la montée en température des pièces à souder
Les difficultés que j'ai rencontré:
-Les cordons horizontaux sur des parois verticales. Je n'avais pratiqué que la soudure à plat dans ma précédente entreprise et comme on est obligé de chauffer beaucoup pour casser la couche d'alumine, au bout d'une certaine longueur ma soudure avait tendance à tomber, particulièrement sur les parties très corrodées. Les soudures en plafond ne m'ont par contre pas posé de problème.
-certaines parties du bateau étaient très corrodées, il fallait souder dans un espèce de matière spongieuse. Dans ce cas, j'ai baissé l'ampérage, chauffé la partie abimée et rentré des longueur de métal impressionnantes dans la tôle. Il est assez surprenant de voir qu'on peut faire ça avec très peu de déformation superficielle, le métal a l'air bien rechargé mais je doute que ce soit valable du point de vue mécanique.
Ce ne sont que les premières expériences d'un débutant, j'attends les réactions et commentaires des spécialistes (voir même leur réprobation!), je pense que ça peut rendre service à d'autres