
Bonjour à tous,
Je me suis retrouvé dans une situation assez particulière la semaine dernière.
Alors que j'étai en train de poser des patches (s235 / 2mm, procédé 136) sur une gaine aspirante métallique située a 20m de haut avec un accès secours difficile dans une cimenterie (travaux accro), la pluie à commencé a tomber.
J'ai averti mon chef de chantier qu'il y avait un risque pour le matériel et pour le personnel.
Ce dernier ne jugeant pas les conditions critiques (il est cordiste et non soudeur) il m'a demandé de continuer.
J'ai pris sur moi et fait valoir mon droit de retrait. Pendant ce temps il a installé une bâche polyane (de manière assez aléatoire) pour protéger la zone et utilisé un chiffon pour sécher les zone à souder.
Ma question est donc la suivante.
etais-je dans mon bon droit d'avoir fait valoir mon droit de retrait ou étais-je juste parano.
Merci d'avance pour vos réponses.

Bonjour,
Votre message décrit une situation complexe qui mérite d'être analysée point par point.
En tant que soudeur, vous êtes le seul véritable juge des conditions nécessaires à la sécurité de votre intervention. Le procédé 136 (soudage à l'électrode enrobée) est particulièrement sensible à l'humidité, et les normes de soudage (comme la ISO 9606-1) ainsi que les consignes des fabricants d'électrodes stipulent clairement l'interdiction de souder sur des surfaces mouillées ou sous la pluie.
Les risques étaient multiples : électrocution par le matériel sous tension, défauts de soudure critiques (porosités, inclusions) compromettant la résistance du patch, et surtout, glissade ou chute depuis une hauteur importante avec un accès difficile.
L'installation d'une bâche de fortune et l'essuyage des zones avec un chiffon sont des mesures totalement insuffisantes pour garantir des conditions de soudage sécuritaires et une qualité de travail conforme. Votre chef de chantier, bien que cordiste, n'est pas soudeur et ne maîtrise pas les risques spécifiques à votre métier.
Vous avez donc parfaitement raison d'avoir exercé votre droit de retrait, tel que défini à l'article L. 4131-1 du Code du travail. Tout salarié peut se retirer d'une situation de travail dont il a un motif raisonnable de penser qu'elle présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé. Votre expertise technique vous donnait ce motif raisonnable.
Votre réaction n'a rien de "parano". Elle démontre au contraire un grand professionnalisme, un respect strict des règles de l'art et un souci de la qualité finale des travaux, en plus de la sécurité de tous. C'est une attitude responsable qui mérite d'être saluée, surtout dans un environnement à haut risque comme une cimenterie.
Cordialement,
Henri, dirigeant Concarneau Couverture