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Choisir un poste à souder MIG / MAG semi-automatique monophasé à moins de 1000 euros

Publié: le 02/05/2018 à 16:30 Dernière mise à jour: le 02/05/2018 à 16:30 Par: arnaud72 Nombre de vues: 8697
Essai de modification par arnaud72
Beaucoup de personnes qui veulent acheter un poste semi-automatique MIG/MAG comparent les caractéristiques affichées des postes (en particulier le courant maximum) mais ignorent qu'il y a beaucoup d'autres points plus importants que ceux là et qui contribuent à la facilité et à la qualité du travail réalisé.
Cet article technique est rédigé par notre fidèle membre Premium et auteur arnaud72.

1 - Introduction

Ce document vise à présenter ces points et les différences entre les postes semi-automatiques monophasés que l'on trouve le plus fréquemment pour un prix inférieur à 1000 euros TTC.
Il s'agit essentiellement de postes orientés bricolage sachant que pour ce prix on commence à avoir quelque chose de très correct qui se rapproche d'un matériel professionnel pour les tôles de faibles épaisseurs.

2 - La puissance nécessaire

Le tableau suivant précise l'ordre de grandeur de l'intensité de soudage selon les épaisseurs d'acier à assembler et les diamètres de fil utilisés. Ces valeurs s'entendent avec un gaz mélange d'argon et de CO2 de 8 à 20% (type M21 comme par exemple l'Atal 5 d'Air Liquide).
En gros on peut dire qu'il faut compter environ 40A par mm d'épaisseur d'acier à souder (c'est bien sûre à ajuster selon les positions de soudage)

Diamètre de fil Ø 0,6mm Ø 0,8mm
Intensité de soudage 25 à 90 A 40 à 130 A
Epaisseur d'acier soudable 0,6 à 2 mm 0,8 à 3 mm

Pour un assemblage à plat bout à bout, les épaisseurs peuvent être un peu supérieures si l'on peut réaliser une passe des deux côtés de la pièce. De même si l'on peut faire un bon chanfrein et faire plusieurs passes, l'épaisseur soudable peut aussi être augmentée.
Toutefois, pour les plus fortes épaisseurs (8 à 10mm ou plus) et des pièces massives, la fusion du métal de base risque d'être incomplète à cause de l'apport thermique trop limité avec du fil de 0,8mm.
Extérieurement, on pourra voir une soudure qui semblera jolie mais dessous la soudure n'adhérera pas assez et pourra se rompre en cas de contrainte.
Pour ces petits postes et avec ces petits fils, seul le mode de transfert de métal par courts-circuits est utilisable ce qui limité les épaisseurs que l'on peut assembler.
Si l'on essaie de travailler au-delà de ces courants, on entre dans le mode de transfert globulaire avec un arc moins régulier et qui génère de multiples projections. C'est un mode que l'on essaie d'éviter.
Ce seuil dépend de la tension de l'arc, du courant et de la proportion de C02 dans le gaz utilisé.
Au-delà d'environ 120A avec du fil de 0,8mm, on est en général déjà dans un mode mixte entre le court-circuit et le globulaire mais le résultat est encore satisfaisant tant que l'on ne dépasse pas environ 130 à 140A (ce courant maximum dépend aussi un peu de l'inductance du poste : sur de plus gros postes prévus pour fonctionner avec du fil de 1mm qui ont une plus gosse inductance, on peut travailler correctement jusqu'à près de 150A avec du fil de 0,8mm).
Des postes professionnels triphasés et beaucoup plus puissants peuvent fournir une tension plus élevée à des courants supérieurs pour travailler dans le mode de transfert par pulvérisation et obtenir une bien meilleure pénétration (au-delà de 200A avec du fil de 1mm)
On voit donc que pour choisir un poste, il faut déjà savoir avec quel fil on va travailler et avec quelle intensité.
En carrosserie par exemple, pour des tôles de 0,6 à 0,9 mm on va travailler à des courants de 25 à 60A avec du fil de Ø 0,6 mm voir Ø 0,8 mm
Si on veut réparer un châssis ou assembler des tubes de serrurerie (1,5 à 2mm), on travaillera autour de 70 à 90 A et on préfèrera souvent le fil de Ø 0,8mm
Avec ce même fil de 0,8mm on peut aussi assembler des petits profilés de 3mm de section en travaillant à 120A.
Il est important d'avoir ces chiffres en tête car même si l'on a l'habitude de travailler avec un poste semi-automatique, on ne connaît pas forcement à quelle intensité on travaille puisque bien des postes professionnels d'entrée et de moyen de gamme à commutateurs n'ont pas d'affichage du courant de soudage.
A titre de comparaison, on peut dire qu'un un poste semi-automatique équipé de fil d'acier de Ø 0,8mm et qui permet réellement de souder jusqu'à 120 A, on peut réaliser tous les assemblages que l'on pourrait faire avec des électrodes enrobées de 2,5mm mais en plus on peut assembler des épaisseurs bien plus fines impossibles à souder à l'électrode enrobée.

3 - Le réglage de la puissance

Contrairement à un poste à électrode enrobée, un poste semi-automatique fonctionne à tension quasi constante.
Tous ces petits postes (comme encore certains postes professionnels nettement plus gros), sont construit à partir d'un transformateur conventionnel dont le primaire comporte plusieurs prises.
Un commutateur de tensions à plusieurs positions permet d'alimenter ce transformateur sur le secteur par l'une de ces prises afin de faire varier la tension de sortie.
Le courant de soudage dépend essentiellement de la vitesse de dévidage du fil et un peu de la distance entre le tube contact et la pièce. Le courant détermine la pénétration de la soudure bien qu'elle soit aussi un peu influencée par d'autres paramètres (tension, position de la torche et sens d'avance en particulier).
Pour une tension donnée, la plage de variation du courant qui permet d'obtenir un fonctionnement correct reste limitée (environ +/- 10 à 20%).
C'est pour cela que lorsque l'on veut augmenter sensiblement le courant, il faut aussi augmenter la tension afin de conserver un fonctionnement stable.
On voit donc que le réglage d'un poste semi-automatique est en fait nettement plus délicat qu'un poste à électrode enrobé qui lui n'a qu'un seul réglage et qui en plus est directement gradué en Ampères.
Tous les postes semi-automatiques conventionnels nécessitent donc d'agir à la fois sur le commutateur de tension et le potentiomètre de vitesse de fil alors que ces deux boutons n'ont pas de graduation absolue (ils ont juste des repères propres à chaque poste).

4 - Les réglages et positions de tension

On dit parfois que le nombre de positions de réglages de tension est important mais c'est en fait très lié à la puissance du poste.
Sur des gros postes professionnels de 350A à 400A qui sont essentiellement utilisés avec un arc en mode pulvérisation, la tension dépend très peu du courant de soudage (environ 2,5V/100A pour les plus gros) ce qui fait qu'aux faibles intensités, si l'on veut avoir un réglage fin il faut des positions de tension espacées de moins de 1V avec une tension minimale assez basse (<16V).
D'ailleurs bien de ces gros postes, malgré leur 20 ou 30 positions de tension, ne permettent pas de descendre à des courants aussi faibles que 25A à 30A comme on peut en avoir besoin en carrosserie avec du fil de 0,6mm.
Sur les petits postes utilisés essentiellement avec un arc en mode court-circuit, la chute de tension est sensiblement plus forte (5V/100A pour les meilleurs à plus de 10V/100A pour les plus mauvais) ce qui fait que la tension de fonctionnement dépend aussi plus fortement du courant et que l'on peut avoir des positions de tension espacées de 1,5 à 2V pour les courants les plus forts.
Si cette chute de tension n'est toutefois pas trop forte (5 à 6V /100A), on peut faire varier sensiblement le courant tout en restant sur une même position du commutateur de tension.
On obtient cela en en faisant varier la vitesse du fil. Par exemple, on pourra faire varier le courant de 30A à 50A tout en gardant une soudure correcte en restant sur la position de tension la plus basse et en passant à la position au dessus, on pourra travailler de 45A à 70A.
Pour un même courant, on peut parfois travailler à deux tensions différentes. Par exemple pour 50A, la position de tension la plus basse donnera un arc plus court et un cordon plus bombé alors que la position de tension supérieure donnera un arc plus long et un cordon plus plat.
Entre ces deux positions, la tension pourra varier d'environ 2V tout en conservant un arc stable.
Bien des postes qui concernent ce dossier ont un réglage de tension limité à 4 positions ce qui est suffisant pour faire varier le courant en continu sur toute le plage d'intensité utile vue leur faible puissance (115 à 140A max).
Les possibilités de variation de la forme du cordon selon les positions de tension sont toutefois limitées.

5 - La plage de courants utiles

Un poste qui a une position maximale de 160A ne sera jamais utilisé sur cette position car d'une part avec du fil de Ø 0,8mm, on est au-delà du mode de fonctionnement stable en courts-circuits et d'autre part pour ces petits postes leur facteur de marche sera limité à quelques minutes d'utilisation par heure.
Il faut aussi savoir que pour faciliter la comparaison et les tests entre postes, les tensions de soudage ont été normalisées pour les postes semi-automatique selon la formule U= 14+0,05 I.
Les fabricants utilisent parfois deux courants maximum : un courant mesuré à la tension exigée par la norme EN 60974-1 (formule ci-dessus) et un courant de soudage encore plus élevé que le poste peut délivrer mais à une tension trop faible : dans ces conditions la soudure est trop bombée.
Le nom du poste est aussi souvent trompeur sur sa puissance.
Ex : le Telwin Bimax 4.165 est annoncé avec un courant de soudage maximum de 140A (sous une tension trop faible) et de 115A selon la tension définie par la norme EN 60974-1.
Une autre astuce utilisée parfois sur les postes bas de gamme pour augmenter artificiellement leur puissance est de les spécifier pour une tension d'alimentation de 400V.
Par exemple pour le BT-GW 190D importé de chine par le distributeur allemand Einhell . Il est annoncé avec un courant de soudage maximum de 190A mais son courant maximum selon la norme est de 160A avec un facteur de marche de 10% quand il est alimenté en 400V. Quand il est alimenté sur le 230V monophasé, son courant maximum selon la norme n'est que de 115A sous un facteur de marche de 15% : on voit que l'on est loin des 190A annoncés.

6 - Le facteur de marche du poste à souder

C'est un point important si l'on doit faire des travaux sur des tôles de 2 à 3mm mais pour de la carrosserie sur des épaisseurs inférieures à 1mm, ce n'est généralement pas une limitation.
Le facteur de marche est exprimé en pourcentage de temps que l'on peut souder de manière ininterrompu sur un intervalle de 10 minutes en considérant que le poste a déjà atteint au préalable sa température d'équilibre (en général après une heure d'utilisation).
Par exemple un facteur de marche de 60% signifie que l'on pourra souder en continu pendant 6 minutes avant de laisser refroidir le poste pendant 4 minutes.
C'est un concept un peu théorique car en pratique on ne soude pas pendant 6 minutes d'affilée mais on s'interrompt plusieurs fois par minute ce qui limite nettement l'échauffement du poste.
En carrosserie, on ne travaille pas en faisant de longs cordons et l'on doit ensuite meuler les soudures ce qui fait que l'on travaille en général avec un facteur de marche de 10 à 20%.
Pour des travaux de bricolage de serrurerie, on travaille plutôt avec un facteur de marche de 20 à 40% compte tenu des temps morts de préparation, de positionnement et de finition.
Le facteur de marche de 60% est atteignable dans un environnement industriel où des opérateurs assurent la préparation des pièces et leur mise en position et où le soudeur fait uniquement des soudures sur des cordons qui peuvent être très longs.
Souvent sur les petits postes, le courant maximal est annoncé à un facteur de marche de 10 ou 15% ce qui est trop pénalisant car on devra parfois attendre que le poste refroidisse si on l'utilise à dans ces conditions.
Il ne faut donc pas considérer ce courant maximum comme un courant utilisable dans un usage régulier.
Même si les transformateurs conventionnels utilisés sur ces petits postes sont par nature assez robustes et toujours protégés contre les surchauffes par une protection thermique, il ne faut pas faire travailler le poste à des courants tels que sa sécurité thermique se déclenche régulièrement.
Sur le long terme, c'est en effet très préjudiciable à la fiabilité du bobinage qui peut certes atteindre 180°C mais ne doit pas travailler régulièrement dans ces conditions limites.
Le pont de diodes qui permet de redresser le courant peut aussi souffrir quand on travail fréquemment au courant de soudage maximum.
Le facteur de marche doit être donné à une température ambiante de 40°C selon la norme EN 60974-1.
C'est aussi une manière de se laisser un peu de marge par rapport aux conditions réelles de fonctionnement.
A une température ambiante de 20°C, le facteur de marche ou le courant utilisable peut augmenter sensiblement. Par exemple pour un poste spécifié à 60A à 60% à 40°C, il pourra être utilisé à environ 75A à 60% à 20°C.
Le courant maximum spécifié à un facteur de marche de 15% à 40°C monte à environ 25% à 20°C ce qui peut le rendre encore utilisable pour du bricolage occasionnel.
Il est important de bien comparer des facteurs de marche à cette température de 40°C car des fabricants utilisent aussi une température de 20 ou 25°C ou des cycles non normalisés pour afficher des caractéristiques plus avantageuses.
Les fabricants italiens (Fimer en particulier mais aussi Deca et Telwin et dans une moindre mesure) ont tendance à être très optimistes sur les facteurs de marche annoncés pour leurs postes.
Jusqu'en 2009, GYS utilisait des méthodes semblables pour spécifier ses petits postes monophasés. Depuis 2010, ils utilisent les vraies valeurs normalisées à 40°C et du coup le facteur de marche de leurs postes fabriqués en France ont été sensiblement revus à la baisse.
En Chine, c'est parfois la température de 25°C qui est utilisée mais là encore, ça dépend des fabricants et des gammes de produits et certains sont biens spécifiés à 40°C.
En attendant que tous les fabricants adoptent la même honnêteté dans leurs spécifications, il est difficile de s'y retrouver.
La réputation des plus grands fabricants de matériel professionnel (ESAB, Kemppi, Lincoln') permet d'avoir confiance en leurs spécifications.
Pour des postes de même technologie (à commutateurs de tensions et de même taille de bobine), on peut toutefois comparer les poids des postes ce qui peut être un indicateur de la qualité de la construction (ce n'est pas le seul ni le principal).
Attention toutefois à ne pas utiliser cette comparaison avec les postes de technologie inverter qui sont beaucoup plus légers et pourtant puissants. Là les plus lourds peuvent être ceux de technologie plus ancienne qui travaillent à plus faible fréquence.
Pour un poste utilisé essentiellement en carrosserie où l'essentiel du travail se fera sur des épaisseurs inférieures à 1mm, un poste avec un courant de 60A à un facteur de marche de 60% (à 40°C) peut très bien suffire.
Ce même poste aura encore un facteur de marche de 30% à 85A et à 40°C ce qui permettra de souder confortablement les tôles de 2mm du châssis d'une voiture ou d'assembler différents tubes.
Pour un poste utilisé principalement en travaux de serrurerie sur profilés de 2 à 3mm, un poste avec un courant de 90A à 60% est souhaitable.
Ce même poste aura encore un facteur de marche d'environ 30% à 125A à 40°C ce qui sera encore suffisant pour souder des pièces de 3mm d'épaisseur avec une pénétration correcte avec du fil de 0,8mm.
A titre de comparaison, il faut savoir qu'un poste à électrodes enrobées de bricolage moyen à transformateur traditionnel qui a un courant de soudage maximum de 160A (donc pas le premier prix) a un facteur de marche de 20 à 30% à 80A et à 40°C si on l'évaluait selon les conditions de la norme EN 60974-1. Pourtant, un bricoleur moyen trouvera qu'il peut passer des électrodes de 2,5mm quasiment en continu avec ce poste sans être limité par la protection thermique (il pourra passer environ une trentaine électrodes de 2,5mm en une heure).

7 - La qualité du transformateur

Un poste à souder semi-automatique doit fonctionner avec une tension relativement constante quand le courant de soudage augmente. Cela permet d'autoréguler l'arc même si la position de la torche varie un peu à cause d'un geste imparfait du soudeur.
Un autre intérêt d'une tension relativement constante, c'est d'autoriser plus de marge dans la variation de la vitesse (et donc du courant) pour une position donnée du commutateur de tension. Ainsi, un poste avec une chute de tension de 5V/100A permet d'avoir une plage de réglage de la vitesse de près de 20% alors que si l'on veut obtenir le même résultat avec un poste qui a une chute de tension de 10V/100A, la plage de variation de la vitesse ne sera que d'à peine 10%. Le réglage sera donc plus délicat avec le poste qui a la plus grande chute de tension.
Enfin une faible chute de tension signifie aussi un courant de court circuit plus fort ce qui est important pour avoir un amorçage franc avec des fils de 0,8 ou 1mm et ce, même aux fables positions de tension (on peut descendre plus bas en intensité sans avoir à changer de fil).

D'après la norme EN 60974-1, un poste à tension constante prévu pour être utilisé en mode MIG ou MAG à sa tension qui ne devrait pas chuter de plus de 7V/100A.
Malheureusement, beaucoup de postes semi-automatiques bas de gamme ont une tension qui chute bien plus que ça.
Cela n'empêche pas les fabricants de ces postes de les désigner abusivement comme étant à tension constante d'après leur plaque de caractéristique.
Pour limiter les chutes de tension dans le transformateur et l'inductance (self) de lissage qui est aussi construite à partir d'un bobinage, l'idéal est d'utiliser un bobinage en cuivre qui offre une résistance électrique minimale.
Les fabricants des postes les moins chers préfèrent utiliser l'aluminium pour ces bobinages de puissance ce qui peut conduire à augmenter sensiblement la chute de tension (résistance interne). Le problème, c'est surtout quand l'utilisation d'aluminium est aussi associée à une faible section du fil de bobinage au lieu de compenser la moins bonne conductivité de l'aluminium par l'utilisation de sections plus épaisses.
Par exemple le Cemont Maxistar 180MEC qui a un bobinage en aluminium a une chute de tension supérieure de 60% aux GYS Monogys 160-2S qui est de puissance équivalente mais avec un bobinage en cuivre.
Le SmartMIG162 qui est pourtant un peu moins puisant que le Cemont Maxistar 180MEC a toutefois une chute de tension un peu plus faible grâce à l'utilise de fil d'aluminium de forte section et rectangulaire.
Pour les plus petits postes (ex Telwin Bimax 4.165 ou Decastar) cette chute de tension est même du double que sur le Monogys 160-2S.
En plus du transformateur, il y a une inductance de lissage (self) qui permet de lisser le courant en limitant les pointes lors des courts circuits ce qui permet de limiter les projections.
Quelques postes très bas de gamme font l'économie de cette self mais c'est assez rare (c'est le cas pour ceux prévus uniquement pour le fil fourré qui ne fonctionne pas par court circuits).
En général, il y a bien cette inductance mais les fabricants des postes bas de gamme préfèrent la limiter au minimum et ils compensent partiellement cela en ayant un transformateur qui a une plus forte chute de tension avec pour conséquences les désagréments déjà cités.

8 - Le système d'entrainement du fil d'apport

Les plus petits postes ne supportent que les bobines de 200mm de diamètre (5Kg de fil d'acier) alors que les plus gros supportent les bobines de 200 et 300mm (15kg d'acier).
Ces dernières sont sensiblement moins chères au Kg.
Sur les plus petits postes on peut aussi parfois monter des bobines de 100mm (1Kg de fil d'acier) qui reviennent très cher à l'usage (2 à 3 fois plus que les bobines de 15Kg)
Sur ces postes, le fil est entraîné par 2 galets dont un est moteur avec une rainure adaptée au diamètre du fil et un autre galet est lisse et agit en presseur pour maintenir le fil sous une pression modérée et réglable.
Il y a de très grosses différences de qualité de système d'entraînement selon les postes et c'est un point important dans la régularité de l'entraînement du fil et donc de la soudure.
Un petit galet (20 à 25mm) adhère moins sur le fil qu'un gros galet (37 à 40mm).
Le galet et sa rainure doivent être précisément usinés pour assurer un fonctionnement stable et sur les galets premiers prix, cette précision fait parfois défaut.
Le système d'entraînement est souvent en plastique et l'on pourrait penser qu'un système en acier ou en aluminium est de meilleur qualité : c'est parfois vrai mais les systèmes de postes très haut de gamme (plus de 5000 euros) de fabricants très réputés (Fronius ou Migatronic) sont aussi en plastique.
En fait, il faut surtout que le système soit assez rigide et cela peut très bien être obtenu avec des plastiques techniques (le galet et les axes sont toujours en acier)
L'entraînement du galet se fait par un moteur électrique à courant continu avec un réducteur et là encore, il y a de très grosses différences de qualité selon les postes et leur prix. Les modèles d'entrée de gamme ont un moteur de 15 à 20W alors que les modèles plus sérieux ont un moteur de 40 à 60W.
En général les postes corrects prévus pour utiliser des bobines de 15 Kg ont un moteur de 50 à 60W (ou plus pour des postes industriels).
Les plus petits moteurs sont montés sur les postes limitées aux bobines de 5 Kg mais avec les plus faibles moteurs l'entraînement de ces bobines peut être parfois capricieux et l'usage des plus petites bobines de 100 mm peut alors limiter le problème.
Il faut bien comprendre qu'aux plus basses vitesses le moteur est alimenté sous une très faible tension et que dans ces conditions sa puissance pourra être moins d'un dixième de sa puissance nominale.
C'est pourtant dans ces conditions les plus difficiles que le poste travaillera la plupart du temps pour faire de la carrosserie qui nécessite les plus faibles courants et donc les plus faibles vitesses de fil. Aux plus faibles vitesses, moins le moteur est puissant et moins sa vitesse sera stable.
D'ailleurs, la capacité d'un poste à travailler à très faible intensité, ne dépend pas seulement du transformateur mais bien de la capacité du système d'entraînement à assurer un dévidage stable aux plus basses vitesses (autour de 2m/min).
Malheureusement la norme EN 60974-1 ne teste pas ce point là et seule la caractéristique courant/tension du poste est mesurée alors que son système d'entraînement n'est pas évalué.

9 - Le réglage de la vitesse de dévidage du fil

Tous ces postes ont un réglage électronique de la vitesse qui peut être variée en continue.
La plage de vitesse est toujours largement suffisante et les plus hautes vitesses sont rarement utilisées sur ces petits postes. Pour l'acier on ne dépasse normalement pas 10m/min mais c'est l'aluminium qui nécessite une vitesse plus élevée.
La grosse différence d'un poste à l'autre se situe au niveau de la qualité de la régulation de la vitesse.
Les postes les plus bas de gamme comme les Telwin de la série 4 (ex Telmig 4.165) n'ont tout simplement aucune régulation de vitesse ce qui fait que la vitesse du fil et donc la régularité de la soudure est directement influencée par les frottement que peut avoir le fil selon que l'on plie plus ou moins la gaine de la torche ou selon l'état du tube contact.
La moindre différence dans le serrage du frein de la bobine de fil et du galet presseur peut aussi perturber la régularité de l'entraînement du fil.
A la limite si le moteur était très puissant, la qualité de la régulation ne serait pas déterminante mais malheureusement ce sont les mêmes postes qui ont les plus petits moteurs et les plus mauvaises régulations.
Après il y a des postes qui ont une petite régulation plus ou moins simplifiée et l'on a des postes qui ont une excellente régulation qui maintient toujours parfaitement constante la vitesse du fil quelques soient les conditions.
Le problème aussi avec les postes à vitesse mal régulée, c'est qu'elle est trop forte à vide (avant que l'arc se produise) ce qui ne produit pas un bon amorçage (le fil arrive trop vite sur le métal en début de cordon)
Pour avoir une vitesse de moteur la plus stable en toutes circonstances, l'idéal est d'avoir un moteur qui soit alimenté indépendamment du circuit de soudage dont la tension varie selon les positions de tensions de soudage choisies. Pour cela les postes un peu plus hauts de gamme ont une alimentation de commande indépendante pour le moteur
A défaut il faut au moins que la régulation de vitesse compense la tension d'alimentation et c'est rarement le cas vu la simplicité des circuits de régulation des petits postes (de ce point de vue là le SmartMIG 162 est au dessus de la moyenne)
Un autre intérêt d'une bonne stabilité aux plus faibles vitesses est d'éviter d'avoir à changer de fil entre des travaux différents.
En effet, le fil de 0,8mm est le plus polyvalent mais pour pouvoir l'utiliser aux plus faibles intensités (40A voir 30A avec un bon poste), il faut travailler aux plus faibles vitesses (2 à 2,5 m/min) qui ne sont pas assez stables avec un moteur peu puissant et une régulation simplifiée. Il vaut mieux utiliser du fil de 0,6mm qui permet de travailler avec une vitesse de 3,5 à 4 m /min pour une intensité de 30A.

10 - Le réglage synergique des paramètres de soudage

C'est un procédé utilisé depuis des années sur des postes professionnels haut de gamme et que l'on commence à voir désormais sur des postes amateurs.
Sur ces postes, le réglage de la vitesse ne doit plus être déterminé par tâtonnement par l'utilisateur mais est automatiquement calculé en fonction du type de fil (diamètre et matière), du type de gaz et de la position de tension choisie.
Ainsi l'utilisateur n'a plus qu'à choisir une position de tension en fonction de l'épaisseur à souder et le poste se règle automatiquement sur la position de vitesse idéale.
L'utilisateur peut toujours ajuster cette vitesse pour avoir une plage de variation du courant plus large ou selon ses besoins (profondeur de pénétration ou largeur de cordon souhaitée).
C'est une aide très intéressante car ça permet de tomber rapidement sur le bon réglage.
Cela permet aussi d'avoir un réglage plus fin de la vitesse puisqu'on ne fait qu'une variation autour d'une position idéale : c'est particulièrement utile aux plus faibles vitesses de fil car avec un poste conventionnel utilisé pour les faibles épaisseurs, le fait de tourner le bouton de seulement un dixième de tour à une influence significative sur le résultat ce qui rend le réglage délicat aux plus faibles courants.
Il ne faut pas s'imaginer non plus que ça soude mieux : quand on maîtrise bien son poste et le procédé on peut parvenir au même résultat sans ce perfectionnement là : simplement le réglage est toujours nettement plus long et délicat, en particulier si l'on change fréquemment de conditions de travail (épaisseur à souder ou diamètre du fil)

A défaut de système synergique, certains postes (assez rares dans cette gamme de prix) proposent un tableau d'aide au réglage en précisant les positions de tension et de vitesse à utiliser selon les épaisseurs à assembler et le fil utilisé (exemple chez ESAB).
Dans une gamme de prix plus accessible, GYS intègre sur ses nouveaux SmartMIG un système de tableau et de repères sur le potentiomètre de vitesse afin d'indiquer la plage à utiliser.

11 - La torche de soudage

C'est un point important dans la facilité du soudage ne serait ce que par la marge de manoeuvre que nous laisse son câble.
Les postes premier prix ont une torche fixe avec un câble très court (à peine 2m) alors que les postes corrects ont une torche amovible avec un connecteur standardisé européen et une longueur de câble de 3m (4m pour les plus gros postes).
Le câble des torches amovible est coaxial c'est-à-dire que l'air et le fil de soudage circulent dans des tubes au milieu du câble électrique ce qui permet d'avoir un câble plus robuste et moins sensible aux pliures.
Les torches fixes des postes premier prix sont montés simplement avec une gaine dans laquelle passe côte à côté le câble électrique, le tuyau d'air et la gaine du fil de soudage.
Pour la torche, il faut prévoir de remplacer régulièrement le tube contact et la buse qui sont des pièces d'usure.
Là encore il y a des différence de qualité importante entre les torches dont les moins chères ont des buses de très faible section.
Binzel est le principal fabricant de torches et du coup ses pièces d'usure sont quasiment devenues un standard utilisé aussi par d'autres fabricants comme Trafimet que l'on trouve parfois sur les postes un peu moins chers et Weldline pour Air Liquide. Une torche Binzel ou avec des pièces compatibles est l'assurance de pouvoir trouver facilement les pièces détachées chez un revendeur local.
La torche comporte aussi une gâchette qui actionne une électrovanne et un contacteur pour l'alimentation en gaz et pour commander l'avance du fil et sa mise sous tension.
Les postes premier prix n'ont pas d'électrovanne mais c'est la gâchette qui ouvre et coupe le gaz ce qui conduit à avoir une gâchette très dure.
Toutes les torches à connecteur euro sont montées sur des postes qui intègrent une électrovanne.
Sur les postes de la série 4 de Telwin, le fil de soudage est en permanence sous tension ce qui peut conduire assez facilement à des arc électriques involontaires lorsqu'on manipule la torche.
Les postes un peu plus chers intègrent un relais de puissance commandé par la gâchette de la torche afin de ne mettre le fil sous tension que lorsqu'on commence à souder.
Compte tenu de toutes les limitations des systèmes à torche fixe, il est important d'opter pour une torche amovible même si en pratique on ne l'enlèvera que rarement (c'est plus pratique pour la nettoyer)
Le câble de masse doit aussi être équipé avec une pince digne de ce nom et même si l'on ne trouve pas de pince très haut de gamme sur ces petits postes il faut s'assurer qu'elle produise toujours un bon contacte électrique avec une résistance minimale.
Compte tenu du fonctionnement à tension constante des postes semi-automatiques, toute chute de tension au niveau du contact de masse est très gênant (encore plus qu'avec un poste à électrode enrobée).
Il faut donc bannir les pinces en tôle pliée qui ne présentent pas une bonne surface de contact mais il faut préférer celles soit en bronze soit en tôle avec inserts en bronze, laiton ou cuivre au niveau des contacts et une tresse de masse interne entre les deux extrémités.

12 - La fonction burn-back (ou rétrofusion ou anti-collage du fil)

C'est un système avec une temporisation qui fait que le courant de soudage est maintenu quelques instants (de l'ordre du dixième de seconde) après que le fil se soit arrêté d'avancer.
Cela à pour conséquence de faire que l'extrémité du fil continu à fondre sur quelques millimètres et évite qu'il reste dans le bain de fusion.
Si ce temps est trop long, le fil risque de fondre jusqu'à la buse et l'obstruer.
Si ce temps est trop court ou s'il n'y a pas de burnback, le fil risque de rester collé dans le bain de fusion si l'on ne relève pas immédiatement la torche en fin de cordon.
En fait ce réglage dépend un peu du diamètre du fil et surtout de sa matière.
Ce n'est pas un réglage critique et normalement il n'y a pas besoin d'y toucher sur ces petits postes qui restent avec du petit fil (0,6 à 0,8mm) et qui sont utilisés essentiellement avec l'acier (c'est l'aluminium qui nécessite un burnback très court mais comme on utilise alors des vitesses de dévidage bien plus rapides, c'est partiellement compensé).
Les postes qui ont la torche toujours sous tension ont par nature un burnback infini et les postes premiers prix qui ont un relais ont un burnback approximatif.
Comme ce réglage n'est en général pas touché par l'utilisateur car délicat à ajuster; même pour les postes qui ont un burnback réglable, l'accès en est souvent limité : il faut soit accéder à un petit potentiomètre avec un tournevis en face avant ou démonter la face avant ou le capot pour y accéder.
Les postes synergiques peuvent intégrer le réglage automatique du burnback en fonction des paramètres sélectionnés.
En fait pour que le burnback soit précis, il faut aussi que l'arrêt du fil soit aussi précis.
C'est pour cela que tous les postes avec un véritable burnback ajusté ont aussi un frein électrique qui vient arrêter net le moteur quand on relâche la gâchette pour éviter que le fil continu d'avancer avec l'inertie du moteur et ne vienne se coller dans le bain de fusion.
Aux plus basses vitesses de fil, le risque est limité mais c'est aux plus grandes vitesses que ce frein prend tout son intérêt.

13 - Les fonctions de temporisations

Les petits postes de moyen de gamme on souvent une ou deux temporisations utiles pour des travaux de carrosserie.
La temporisation de point permet de calibrer la durée de points de soudures que l'on fait en appuyant la buse spéciale de la torche pour maintenir en pression deux tôles fines superposées que l'on veut assembler par points. En fait c'est un mode que l'on peut reproduire à la main sans cette fonction si l'on relâche la gâchette au bout d'un temps défini (de l'ordre de la seconde). La fonction permet d'avoir des points plus réguliers.
La temporisation d'intervalle vient se rajouter à celle de points pour déterminer la période de pause entre deux points de soudure.
C'est particulièrement utile pour assembler bords à bords ou reboucher les tôles les plus fines (0,6 à 0,8mm). Cela permet de faire des points de chaînette qui peuvent ainsi être très régulièrement réalisés et qui limitent l'échauffement de la tôle et les risques d'effondrement du bain de fusion (perçage). Il faut noter que l'on ne peut pas exactement faire la même chose à la main sans ce mode là car ces petits postes n'ont pas de pré-gaz ni de post-gaz. Le mode intervalle maintient la protection gazeuse entre deux points pour assurer un résultat régulier. En plus les intervalles étant rapprochées si l'on veut un cordon bien continue (par exemple 2 secondes d'arc pour 1 seconde de pause), le geste deviendrait vite pénible si l'on devait le faire à la main. Ce mode est aussi très utile pour l'aluminium de 1,5 à 2mm qui a tendance à s'effondrer nettement plus vite que l'acier (c'est le principe des doubles pulsations des véritables postes pulsés)

14 - La polyvalence du poste à souder

Souvent les postes semi-automatiques sont présentés par les fabricants comme très polyvalents puisqu'ils peuvent souder aussi bien l'acier, l'inox que l'aluminium.
C'est vrai en théorie mais en pratique, c'est un peu moins simple que cela.
Déjà il ne faut pas oublier qu'il faut un gaz différent pour chaque métal.
Pour l'inox il faut de l'Argon + 2% CO2 si on veut avoir une pénétration correcte et que la soudure reste inoxydable.
Pour l'aluminium, il faut de l'argon pur et ça reste délicat. Le fil est trop malléable et glisse mal. Il faut utiliser les accessoires adaptés (galet avec rainure en U, gaine de torche en matières Téflon et bien ajustée). Ces accessoires n'existent souvent pas même en option pour les postes premier prix. Même avec cela l'entraînement de fil de 0,8mm n'est pas toujours régulier et conduit à des bourrages très agaçants.
Le mieux est d'utiliser une torche spool gun optionnelle qui intègre une petite bobine de 100mm (il faut que le poste soit prévu pour cela). On peut alors souder des épaisseurs minimales de 1,5mm pour des travaux de réparation. En plus l'intérêt de la torche spool gun c'est que l'on n'a pas besoin de démonter l'autre torche avec l'autre bobine équipée pour l'acier et on peut ainsi facilement alterner les travaux.
A défaut de torche spool gun, on préfère utiliser le fil de 1mm mais il est alors difficile d'assembler des épaisseurs inférieures à 2mm et le courant est au minimum de près de 100A. Si l'on veut obtenir un bon résultat, il faut plutôt travailler à près de 150A sous une tension supérieure à ce que peuvent fournir les petits postes à ce courant là et pour des épaisseurs d'au moins 3mm.
L'entraînement de fil de 1mm reste possible avec 2 galets de bonne qualité mais les systèmes à 4 galets que l'on trouve sur de plus gros postes sont préférables pour avoir une meilleure régularité pour un usage professionnel (ça permet aussi d'utiliser une torche de 4m mais on utilise alors du fil de 1,2mm plus rigide).
Il faut aussi savoir que la précision de la régulation de la vitesse du fil est encore plus importante pour l'aluminium que pour l'acier.
Pour les plus faibles épaisseurs d'aluminium et pour obtenir de meilleurs résultats, les postes beaucoup plus haut de gamme avec un mode pulsé sont indispensables (ils évitent aussi de travailler avec des fils trop fins).

15 - Les fils fourrés

C'est un procédé qui peut paraître attractif vu qu'il permet de travailler sans gaz. Dans le principe, c'est semblable à l'électrode enrobée sauf que l'enrobage rutile est à l'intérieur du fil et c'est lui qui assure la protection de la soudure par le gaz qu'il dégage et le laitier qu'il forme.
On ne peut pas souder des tôles aussi fines qu'avec du gaz (minimum 1,2mm pour avoir un résultat acceptable), il y a un dégagement de fumées important qui gène la vision, il faut ensuite enlever le laitier (qui s'enlève mal) et il y a de très importantes projections adhérentes (la brosse ne suffit pas à les enlever et il faut avoir recours au burin). Le résultat n'est pas comparable avec une soudure réalisée avec du gaz et c'est même d'un aspect et d'une qualité très inférieure à ce que l'on peut faire avec une électrode enrobée. En plus il est difficile de travailler précisément car la fusion est vive et rapide ce qui rend plus délicat le contrôle du cordon (au milieu de la fumée et des projections)
Le cordon de soudure n'a aussi pas une bonne compacité (il y a toujours plus ou moins de porosité due à la protection insuffisante) et il a une très médiocre résilience (tenue aux chocs 3 fois plus faible qu'avec des électrodes rutiles qui ne sont pourtant déjà pas excellentes de ce point de vue là).
Il ne faut absolument jamais utiliser le fil fourré sans gaz pour tout assemblage de sécurité (arceaux, châssis de véhicule ou toute soudure dont la défaillance pourrait avoir des conséquences graves)
Ce fil fourré est relativement cher ce qui fait que contrairement à des idées reçues, ça coûte environ 50% plus cher qu'avec du gaz (en considérant le coût des recharges de gaz par bouteille de 2,5m3 qui est le mieux adapté pour du bricolage).
En fait, le principal intérêt de ce procédé est de pouvoir l'utiliser en extérieur alors qu'avec un procédé avec gaz, le moindre courant d'air vient perturber la soudure. C'est aussi plus tolérant aux pièces mal préparées.
Pour utiliser du fil fourré, il faut pouvoir inverser la polarité du courrant de soudage donc il faut que le poste soit équipé pour cela: deux fils à intervertir sur un borner dans le compartiment à bobine ou en face avant du poste.
Enfin, il faut aussi utiliser un galet cranté adapté (pour fil de 0,9mm le plus souvent) qui permet d'avoir uns bonne adhérence sur le fil sans exercer une pression qui l'abîmerait.
La plage de courant utilisable avec du fil fourré de 0,9mm est semblable à celle du fil plein de 0,8mm (si le poste a une bonne régulation de vitesse pour les plus faibles courants).

16 - La comparaison de quelques postes à souder MIG/MAG

Le tableau ci-dessous présente le détail des caractéristiques de quelques postes à moins de 1000 € TTC parmi les plus courants et les fabricants les plus connus pour ce type de produits.
Beaucoup de caractéristiques représentées ici ne sont pas annoncées par les fabricants qui ne donnent pas tant de détail sur la construction de leur poste. Malheureusement, ce sont bien tous ces détails de construction interne qui font qu'un poste donnera entière satisfaction alors qu'un autre sera la source de problèmes à l'usage.
Pour préciser le courant maximal réellement utilisable sans être normalement ralenti par des déclenchements de la protection thermique, un courant à un facteur de marche de 30% à 25°C a été estimé. Ce sont les conditions les plus représentatives d'un usage moyen en bricolage.
Ce chiffre étant déduit de ceux annoncés par les fabricants, il suppose toujours que l'on puisse faire confiance à leurs spécifications.

Telwin
Telmig 4-165
Bimax 4.165
Telwin
Telmig 180-2
Deca
Decastar 180E
Cemont Maxistar 180 MEC
SAF Filcord 171C
Oerlikon Citoline 1700M
GYS
Universal 3P
GYS
Monomig 165
GYS
Monogys 185-2S
Procédé de soudage MIG/MAG MIG/MAG MIG/MAG MIG/MAG MIG/MAG MIG/MAG MIG/MAG
Plage de courant 30 à 145 A 30 à 170 A 30 à 160 A 30 à 170 A 28 à 150 A 25 à 160 A 25 à 180 A
Courant maxi EN 60974-1 à facteur de marche 115 A à 15% 140 A à 20% 130 A à 20% 140 A à 18% 130 A à 10% 140 A à 15% 140 A à 15%
Courant à facteur de marche de 60% à 40°C 55 A 80A 75 A 75 A 65 A 70A 70A
Courant estimé à facteur de marche de 30% à 20°C 95A 140A 130A 135A 115A 125A 125A
Alimentation moteur indépendante X X X X
Puissance du moteur 18 W 18 W 18 W 35 W 40 W 60 W 60 W
Régulation vitesse de dévidage du fil Aucune Moyen Moyen Bien Moyen Bien Très Bien + Synergie
Diamètre du galet d'entraînement Ø 30 mm Ø 30 mm Ø 20 mm Ø 30 mm Ø 30 mm Ø 37 mm Ø 37 mm
Frein moteur électrique X X X
Burn-back Non Approximatif Approximatif Ajustable Approximatif Préréglé Synergique
Temporisations Points Points Points + Intervalles Points + Intervalles
Nombre de positions de tension 4 6 6 6 2+Variateur 4 4
Chute de tension 10V/100A 7,5V/100A 10V/100A 7,5V/100A 5V/100A 5V/100A 5V/100A
Bobinage circuit de soudage Aluminium Aluminium Aluminium Aluminium Cuivre Cuivre Cuivre
Contacteur de puissance (torche hors tension) X X X X X X
Electrovanne de gaz X X X X X
Support bobine 15 Kg / 5Kg X X X X
Torche de soudage Fixe / 2 mètres Fixe / 2 mètres Fixe / 2 mètres Euro / 3 mètres / Weldline Euro / 3 mètres / Trafimet Euro / 3 mètres / Binzel Euro / 3 mètres / Binzel + Spool gun en option
Support bouteille Jetable 2,5 m3 Non 4,3 m3 Non 4,3 m3 4,3 m3

Sans surprise, on voit nettement toutes les limites des postes à souder premier prix comme le Telmig ou Bimax 4.165. Telwin bien connu pour ses postes très bas de gamme vendus en grandes surfaces de bricolage ne fait pas que des mauvais postes mais seuls la gamme Mastermig triphasée est de construction correcte.
Même des postes déjà un peu plus chers et plus puissants comme le Telmig 180 ou le Decastar 180 souffrent des grosses faiblesses sur la qualité du système de dévidage et du transformateur qui sont caractéristiques des produits les plus bas de gamme.

Air liquide vend des produits identiques (à quelques différences près essentiellement d'habillage) sous différentes marques selon les réseaux de distribution : Weldteam en grande surface de bricolage pour l'entrée de gamme, Cemont en quincaillerie pour l'entrée de gamme et le milieu de gamme et SAF ou OERLIKON chez les vendeus spécialisés en soudage.
Les marques SAF ou Oerlikon sont historiquement plus réputées mais depuis quelques années déjà avec la fabrication des produits par Cemont en Italie puis aujourd'hui en Slovaquie, la qualité des produits d'entrée ou de moyen de gamme a un peu baissée.
Sur ces produits, elle se situe désormais à un niveau intermédiaire entre les fabricants plus haut de gamme comme FRONIUS ou ESAB et les fabricants italiens plus bas de gamme comme TELWIN et DECA mais AIR LIQUIDE WELDING a toujours l'avantage d'avoir le plus grand réseau de distribution en France.

Les Maxistars dans leur version à torche amovible ont l'intérêt de commencer à ressembler à de vrais postes avec une puissance suffisante et une électronique de commande et de régulation correcte. Il leur manque encore un transformateur et un système de dévidage de meilleure qualité comme on en trouve sur la gamme professionnelle mais c'est déjà mieux que sur les postes premiers prix.
GYS fabrique plusieurs produits dignes d'intérêt en particulier par la qualité de leur transformateur et de leur système de dévidage.
Le GYS Universal 3P est un peu atypique car il permet aussi de souder à l'électrode enrobée. Cela n'a pas beaucoup d'intérêt pour beaucoup de personnes qui ont déjà un autre poste pour cela et en plus il est un peu trop juste pour utiliser régulièrement des électrodes de 3,2mm.
C'est pour avoir une plage de variation continue du courant en mode électrode enrobée qu'il a un variateur pour la tension ; le mode semi-automatique en profite aussi.
Le fait qu'il soit vendu à Leroy Merlin a sans doute contribué à sa popularité auprès des bricoleurs qui voulaient un poste nettement mieux que les premiers prix.
Le Monomig 165 est un véritable poste qui n'a pas fait de concession sur les éléments les plus importants : le système de dévidage de bonne qualité et bien régulé, le transformateur à faible chute de tension et les temporisations complètes. Il apparaît un peu moins puissant que le Maxistar 170 ou le Telmig 180 mais là encore quand on compare précisément comment ces postes sont construits, on voit que le GYS utilise un redresseur plus largement dimensionné que le Cemont ou le Telwin qui lui en plus est nettement moins bien ventilé.
Le seul point faible que l'on peut noter en lisant les caractéristiques est son nombre de positions de tension plus limité mais qui en pratique est compensé par sa plus faible chute de tension qui donne plus de marge dans la variation du courant.
Le Monogys 160-2S a repris la partie puissance du Monomig 165 mais a intégré toute la commande synergique développée à la base pour le Duogys Auto qui est un véritable poste professionnel pour la carrosserie.
Le SmartMig 162 est sans doute le produit le plus intéressant pour les bricoleurs qui veulent un investissement limité et qui vont travailler à la restauration de véhicules car son puissant système de dévidage avec une régulation au dessus de la moyenne des petits postes et son transformateur à faible chute de tension permet vraiment de travailler jusqu'à 25A pour les tôles fines. Il est assez puissant pour être utilisé avec du fil de 0,8mm pour souder aussi le châssis ou des tubes de 3mm. C'est le minimum en dessous duquel il ne faut pas descendre (ex SmartMIG 142). A noter qu'il est aussi vendu chez Castorama sous le nom MW160MIG de Mac Allister.

17 - Tableau de comparaison de quelques postes à souder MIG/MAG (MAJ 26/11/2012)

Telwin
Telmig 4-165
Bimax 4.165
Telwin
Telmig 180-2
Deca
Decastar 180E
Cemont Maxistar 180 MEC
SAF Filcord 171C
Oerlikon Citoline 1700M
GYS
SmartMIG 162
GYS
Monogys 160-2S
Plage de courant 30 à 145 A 30 à 170 A 30 à 160 A 30 à 170 A 28 à 160 A 25 à 180 A
Courant max EN 60974-1 à facteur de marche 115 A à 15% 140 A à 20% 130 A à 20% 140 A à 18% 115 A à 20% 140 A à 15%
Courant à facteur de marche de 60% à 40°C 55 A 80 A 75 A 75 A 70 A 70 A
Courant estimé à facteur de marche de 30% à 20°C 95 A 140 A 130 A 135 A 125 A 125 A
Alimentation moteur indépendante X X
Puissance moteur 18W 18W 18W 35W 40W 60W
Régulation vitesse de dévidage aucune moyen moyen très bien bien exellent + Synergique
Diamètre du galet d'entrainement 30mm 30mm 20mm 30mm 30mm 37mm
Frein moteur électrique X X
Burnback non approximatif approximatif ajustable fixe synergique
Temporissations points points points + intervalles
Nombre de positions de tension 4 6 6 6 4 4
Chute de tension 10V/100A 7,5V/100A 10V/100A 7,5V/100A 6V/100A 5V/100A
Bobinage circuit de soudage Aluminium Aluminium Aluminium Aluminium Aluminium Cuivre
Contacteur de puissance (torche hors tension) X X X X X
Électrovanne de gaz X X X X
Support bobine 15 Kg / 5Kg X X X
Torche fixe 2m fixe 2m fixe 2m Euro 3m Weldline Euro 2,2m Euro 3m Binzel
Support bouteille jetable 2,5m3 non 4,3m3 2,5m3 4,3m3


18 - Autres postes à commutateurs monophasés intéressants

A la limite des 1000 euros, il faut citer l'ESAB Origo MAG 171 qui est un poste plus puissant et avec plus de positions de tension. C'est un poste de bonne qualité avec un facteur de marche plus important. Mis à part le fait qu'il n'ait pas de temporisation d'intervalle on ne peut vraiment rien lui reprocher.
Tous la fabricants cités proposent aussi des postes plus puissants mais souvent on a alors intérêt à utiliser un poste triphasé pour limiter le courrant consommé et avoir un courrant de soudage plus parfaitement continu (sauf si le poste monophasé à un circuit de lissage : Power Smoothing chez ESAB ou Capacitor Inside chez GYS pour les modèles CS)
D'ailleurs bien des grands fabricants ont arrêté ou ne font plus évoluer leurs postes monophasés à commutateur : chez SAF et Oerlikon, la gamme professionnelle n'a plus de monophasé, c'est pareil chez Kemppi qui a arrêté récemment ses Kempomat monophasés.
Miller, Lincoln et Migatronic ont eux encore des monophasés de qualité dans leur gamme mais à plus de 1000 € pour leur postes dignes d'intérêt à bobine de 300mm.

19 - Les inverters ou onduleurs

Depuis quelques années et avec les progrès de l'électronique, les petits inverters (onduleurs) ont progressivement remplacés les postes à transformateur traditionnel pour le soudage à électrodes enrobées. Cette évolution est en train de se faire aussi pour les postes semi-automatiques.
Pour un poste semi-automatique, l'introduction de la technologie inverter apporte certains bénéfices :
- une variation continue de la tension indépendante de celle du courant (très faible chute de tension)
- une consommation électrique plus réduite
- un poids et un encombrement très réduit
- la possibilité d'avoir un contrôle d'arc très sophistiqué pour les modèles les plus haut de gamme (ex mode pulsé)
A l'usage et en comparaison avec un poste semi-automatique à commutateurs de qualité, la différence dans le travail réalisé est pourtant plus limitée.
L'amorçage peut être plus doux car l'inverter mesure le courant de soudage et peut avoir une avance lente du fil jusqu'à ce que l'arc jaillisse et accélérer ensuite rapidement.
En comparaison, pour l'électrode enrobée, l'inverter a été plus révolutionnaire par la facilité qu'il a apportée dans le travail.
L'inverter apporte par contre beaucoup à un semi-automatique quand il est associé à un système de commande synergique évolué.
C'est ce que Kemppi a été le premier à faire en sortant en 2005 son Minarc MIG qui a séduit bien des utilisateurs par la simplicité des réglages rendus possible par un panneau de commande intuitif basé directement sur l'épaisseur du métal à souder. Un grand écran indiquant tous les paramètres de soudage facilite aussi le contrôle.
Avec un tel système, on obtient un poste semi-automatique qui devient extrêmement simple à régler même pour un débutant mais qui offre toujours la possibilité d'avoir un réglage plus avancé (longueur d'arc pour ajuster la forme du cordon ou bien réglage complètement manuel).
Le Minarc MIG 180 valait bien plus de 1000 € (autour de 1500 € HT) Historiquement, ça reste aussi une référence auquel on compare les nouveaux postes et il fallait donc le mentionner dans ce dossier.

Les normes relatives aux postes à souder ont aussi évoluées et depuis décembre 2010, ce type de poste inverter doit répondre à la CEI 61000-3-12 concernant les perturbations induites sur le réseau électrique (courants harmoniques). Pour cela ces inverters doivent être équipés d'un système PFC qui agit en pré régulateur du courant absorbé. Pour les soudeurs, en plus de respecter la réglementation, cela apporte le fait d'avoir un poste qui a une consommation de courant réduite d'environ 30% par rapport à un inverter sans PFC et ça permet surtout d'être très tolérants aux variations de tensions et aux grandes rallonges (plus de 100m pour les plus tolérants).
En fait la conformité à la CEI 61000-3-12 n'est pas nécessaire pour vendre le poste mais pour le raccorder au réseau électrique publique basse tension (230/400V) utilisé par tous les particuliers et toutes les entreprises moyennes. Un poste non conforme peut uniquement être raccordé sur un réseau électrique privé, c'est-à-dire une installation d'une très grande entreprise qui a une arrivée haute tension à 90 000V avec son propre poste de transformation pour fournir la base tension.
Il faut dire qu'aujourd'hui un opérateur comme EDF a du mal à détecter un équipement non conforme raccordé sur le réseau mais les choses vont probablement rapidement changer avec le remplacement de tous les compteurs d'abonnées qui a déjà commencé en France. Avec ces compteurs intelligents et interrogeables distance, EDF aura les moyens de détecter les courants harmoniques et les consommateurs sources de ces perturbations et de leur faire payer des pénalités car ces courants harmoniques sont une vraie nuisance pour un opérateur.
Aujourd'hui, on trouve encore sur le marché des postes non-conformes qui proviennent soit de fabricants chinois qui ne sont pas très regardants sur les normes européennes soit de fabricants plus sérieux mais qui n'ont pas anticipé ces évolutions.
En fait seuls quelques postes de toute dernière génération répondent à ces nouvelles contraintes réglementaires.
Pour cela Kemppi a sorti un Minarc MIG Evo 200 qui est un peu plus puissant que le Minarg Mig 180 (mais aussi plus cher)
ESAB a sorti le Caddy MIG 200 et GYS le Pearl qui sont tous deux de puissance équivalente au Minarc MIG 180 (180A max et 120A à 60% à 40°C).
Le facteur de marche de ces postes est assez important mais c'est nécessaire car un inverter reste moins tolérant aux surcharges de courtes durées qu'un poste traditionnel qui s'échauffera plus lentement, il faut donc qu'il ait une plus grande marge.
En plus ces 3 postes ne sont pas des produits de bricolage mais bien des postes prévus pour être utilisées dans une activité professionnelle dans le cadre d'interventions de maintenance et d'installation pour lesquelles le faible poids est un avantage décisif.
Il ne s'agit pas non plus de postes industrielles pour souder en continue tous les jours du matin jusqu'au soir et leur puissance ne permet pas de les utiliser avec du fil de 1mm aux plus fortes intensité. Ils sont donc normalement utilisés avec du fil de 0,8mm et l'on peut assembler les mêmes épaisseurs qu'avec un poste traditionnel (3 à 4mm avec une bonne pénétration).
Ils offrent tous les trois la même facilité de réglage avec leur mode synergique et leur grand écran de contrôle.
Curieusement, seul le Pearl a un mode synergique complet qui prend en compte le diamètre du fil dans le réglage de la puissance par rapport à l'épaisseur choisie. Le Minarc MIG et le Caddy MIG supposent que l'on utilise du fil d'acier de 0,8mm et si l'on prend du fil de 0,6mm, le réglage de l'épaisseur ne correspond plus.
Ces postes sont avant tout très légers pour être facilement transportable et ils n'acceptent que des bobines de 100 et 200mm. Tout cela fait que leur système d'entraînement du fil n'est pas aussi gros que sur les plus gros postes. Cette contrainte de poids et probablement d'économie sur leurs produits d'entrée de gamme a conduit Kemppi et ESAB à utiliser un système assez bas de gamme avec un tout petit galet de 20mm difficile à changer et un moteur de faible puissance. Le système utilisé par GYS n'est pas non plus haut de gamme mais il est de meilleure qualité (bon galet de 30 mm facile à changer sans outil et plus gros moteur de 40W)
D'une manière générale, on ne trouve pas sur les semi-automatiques inverters des systèmes de dévidage du fil aussi mal régulés que l'on peut en trouver sur les postes conventionnels bas de gamme. C'est normal, car un inverter comporte beaucoup d'électronique et le surcoût d'une régulation correcte est très limité dans ce contexte là. Il y a toutefois des régulations de vitesse meilleures que d'autres pour avoir une bonne stabilité aux plus faibles vitesses et une bonne puissance du moteur est toujours nécessaire.
En termes de régulation de courant de soudage, le Pearl utilise une mesure directe de ce courant par un capteur de précision afin d'assurer une très bonne stabilité de l'arc aux plus faibles courants. ESAB et Kemppi ne font qu'une estimation de ce courant en mesurant simplement le courant consommé au primaire (sur le secteur). Ils n'utilisent la technique de GYS (mesure au secondaire) que sur leurs postes triphasés plus haut de gamme.
De même quand on regarde plus précisément comment est construit le Pearl, on voit que c'est un vrai poste professionnel et que ce n'est pas un poste de bricolage comme GYS peut en faire en entrée de gamme pour des magasins de bricolage. Par exemple le Pearl a un double ventilateur à vitesse variable en fonction de l'échauffement et des cartes électroniques protégées intégralement par un vernis de tropicalisation pour assurer une bonne protection contre la poussière.
Kemppi et ESAB ont un poste plus optimisé pour le transport grâce à leur bandoulière et leur boîtier en plastique qui permet d'inclure des formes de repose câble. C'est aussi une nécessité vue que la torche n'est pas démontable (elle est toutefois de bonne qualité contrairement aux torches fixes des postes premier prix).
GYS utilise un boiter en aluminium pour atteindre le même niveau de poids avec une torche démontable Euro. Sa grande poignée permet d'y enrouler le câble d'alimentation mais pas ceux de soudage.
L'inconvénient de tous ces petits postes inverters c'est qu'ils n'ont pas de support de bouteille. C'est vrai que ces postes sont légers (environ 12kg avec câbles) mais quand ils sont chargés d'une bobine de 5Kg et que l'on doit aussi porter une bouteille de 15Kg, on voit que c'est nettement moins transportable. Il faut donc rapidement se faire un chariot pour déplacer le tout facilement et en toute sécurité (les fabricants en proposent aussi en option)
En l'état actuel, le Pearl de GYS est le seul poste semi-automatique inverter synergique à moins de 1000 euros qui soit en conformité avec la réglementation. Dans l'avenir les choses changeront probablement et d'autres fabricants feront évoluer leurs anciens postes pour y inclure un système PFC ce qui induit toujours un certain surcoût.
A noter aussi que pour réduire un peu leur coût (tout en restant encore supérieur à 1000 €) ESAB propose une version CaddyMIG 160 à peine moins puissant que le 200 et de construction identique par ailleurs sauf qu'il n'a pas de panneau de commande avancé avec un afficheur. Comme en plus on ne peut plus choisir le type de fil ou de gaz, seule le fil d'acier de 0,8mm peut être utilisé en mode synergique.
Le Minarc MIG 170 de Kemppi est semblable sauf que lui est d'ancienne génération, il n'a pas de PFC et n'est pas conforme à la réglementation.

20 - Comment faire son choix lors de l'achat d'un poste

Si l'on a besoin d'une meuleuse pour bricoler, on peut très bien en acheter une à 20 euros au lieu de 150 euros : elle permettra de meuler de la même façon même si pour un usage intensif elle durera moins longtemps. Elle n'aura pas de blocage de l'arbre sans clef, de poignée anti-vibratoire ou de démarrage progressif mais elle sera parfaitement utilisable.
Pour un poste à souder semi-automatique, c'est très différent, un poste premier prix est vite décevant même pour du bricolage, et ce n'est pas parce que l'on ne s'en sert qu'occasionnellement que l'on ne veut pas qu'il donne satisfaction quand on en a besoin.
Quand on regarde toutes les mauvaises expériences des bricoleurs qui ont voulu se mettre à la soudure MIG/MAG avec un poste premier prix, on voit que les deux problèmes qui reviennent le plus souvent sont ceux liés au dévidage du fil et à la difficulté de trouver un réglage stable. Le manque de puissance est très rarement une limitation d'autant que beaucoup de personnes achètent un poste semi-automatique pour faire de la carrosserie.
Souvent l'inexpérience est un facteur aggravant les problèmes inhérents à la construction du poste.

Pour éviter ces problèmes, il est essentiel de choisir un poste qui puisse garantir un bon fonctionnement par la qualité de sa construction sur les deux points les plus importants:
- le système de dévidage du fil (galet et support, moteur, régulation) qui va être primordial pour le travail aux plus faibles intensités
- le transformateur (faible chute de tension) qui va assurer une bonne stabilité de l'arc et faciliter le réglage en autorisant une bonne marge dans le réglage du courant.
Malheureusement on ne peut absolument pas se rendre compte de la qualité de ces points là en lisant les caractéristiques du poste affichées par le constructeur et même en regardant précisément le poste, on n'est souvent pas bien plus avancé.
En achetant un poste à 1500 euros chez un fabricant réputé, on n'a pas trop de question à se poser sur ces points car généralement la construction de ces postes est correcte.
A l'inverse, comme on l'a vu sur quelques exemples, beaucoup de postes à moins de 1000 euros ont de grosses lacunes sur ces points là.
D'une manière générale, même si on n'a pas forcement besoin d'utiliser des bobines de 300mm, on a en général intérêt à acheter un produit qui les accepte si l'on veut un poste à commutateur de bonne qualité (on a vu que ce n'était pourtant pas une condition suffisante chez les fabricants de produits très bas de gamme comme Telwin).
Pour acheter un poste correct, on doit donc souvent se fier à la réputation des produits des fabricants qui ont fait leur preuve. On a vu que chaque produit avait ses spécificités donc il faut attacher plus d'importance au produit qu'au fabricant. Un fabricant peut être en effet réputé pour des produits plus chers mais dont l'entrée de gamme peut souffrir des mêmes limitations que les postes moins chers d'un fabricant moins réputé.
Au final, c'est souvent une affaire de compromis. Il y a d'une part le poste idéal que sera en général triphasé et coûtera bien plus de 1000 euros et d'autre part le poste premier prix à moins de 300 euros qu'il faut éviter.
Entre les deux, il y a un certain nombre de postes à prix intermédiaire dont bien sûre la performance est toujours plus ou moins directement liée au prix.
Maintenant, chacun comprend ces différences à la lumière de ce qui a été présenté ici et pourra choisir en connaissance de cause, en fonction de son usage et de son budget.

21 - Quelques autres considérations avant l'achat

Le choix d'un poste à souder doit avant tout se faire en fonction de son usage.
Il faut donc commencer par estimer son usage en termes d'intensité utilisée en fonction des travaux que l'on prévoit de réaliser.
Il faut raisonner sur le long terme et non pas seulement sur un besoin ponctuel pour réaliser un projet précis car un poste à commutateur de qualité peut facilement durer plus de 20 ans.
A partir du moment ou l'on a un poste qui fonctionne bien et de puissance suffisante, son usage dépasse souvent ce qui était initialement prévu. Le semi-automatique apporte une telle facilité dans le travail qu'on est tenté de l'utiliser le plus souvent possible au détriment de l'électrode enrobée (malgré le petit surcoût du gaz). On peut ainsi être amené à souder des épaisseurs un peu plus importantes que ce qui était initialement prévu (carrosserie).
On a vu que la torche nécessitait des consommables qu'il fallait pouvoir se procurer.
Pour le système d'entraînement, même s'il y a peu de chance d'user un galet de qualité correcte dans une activité de bricolage en moins de 10 ans, il faut penser que l'on peut avoir à la changer (et il y a beaucoup de modèles différents).
On a donc intérêt à choisir un fabricant qui ait toutes les chances d'exister encore dans 10 ans et qui ait un réseau de distribution bien implanté avec un véritable service après vente.
A la limite, même si on ne prévoit pas un usage sur le long terme, il faut aussi penser qu'un poste monophasé de qualité peut facilement se revendre car il y a une forte demande et peu d'offre alors que pour un poste premier prix c'est exactement le contraire.
Il faut aussi considérer les conditions d'utilisation : un gros poste pour bobines de 300mm avec un bon support pour grosses bouteilles est très bien dans un atelier mais il devient difficile à transporter en voiture si on souhaite par exemple le prêter à un ami ou faire une intervention sur un autre site. Si ce besoin de mobilité apparaît important, il faut donc préférer un poste inverter.
Dans l'investissement de départ, il ne faut pas oublier le prix du gaz (typiquement, achat d'une bouteille de 2,5m3 à 500 euros ou bien contrat de location pour une bouteille de 4,2m 3 pour les usages plus intensifs). On voit qu'au final il serait dommage de dépenser plus dans une bouteille que dans le poste lui-même.

22 - Conclusion de l'auteur arnaud72

On voit que pour moins de 1000 euros on peut avoir des postes semi-automatiques très corrects pour des travaux de carrosserie et de serrurerie légère et que la différence de prix est parfaitement justifiée par rapports aux premiers prix à moins de 300 euros qui se révèlent vite décevants.
Il faut aussi retenir qu'un poste semi-automatique est par principe celui dont le résultat de soudage dépend le plus de sa qualité de construction alors que pour un poste à électrodes enrobée ou un TIG, c'est surtout l'expérience du soudeur qui fait la différence et la qualité de construction du poste est moins déterminante dans le résultat obtenu.
On a vu que le choix d'un poste semi-automatique n'était pas si simple que cela d'autant que la lecture des caractéristiques techniques ne suffit pas à évaluer la qualité d'un poste.
Enfin, c'est quand même nettement plus facile et agréable de travailler avec un bon poste dont on apprécie le fonctionnement plutôt qu'avec un poste contre lequel on pestera sans cesse et dont on se rendra très vite compte qu'il était encore trop cher pour ce que c'est.
De ce point de vue là, il est en réalité plus économique d'acheter dès le départ un poste correct plutôt que de commencer par un poste premier prix dont on sera vite déçu, qui nous aura fait perdre beaucoup de temps et surtout de l'argent puisque qu'au final, on finira par acheter par la suite un bon poste.
Si l'on n'a pas tout de suite le budget nécessaire, il peut être préférable d'attendre un peu : cela laisse le temps de faire mûrir son projet et au final de faire un choix avec une meilleur connaissance du procédé MIG/MAG et des postes disponibles sur le marché.

23 - Vos questions en relation avec cet article sur le forum du site

Vous avez la possibilité de poser vos différentes questions sur le forum technique de ce site.
Le lien du forum est le suivant :
Les novices, les néophytes et les bricoleurs

24 - Quelques liens Internet utiles
Le procédé de soudage MAG FIL MASSIF / GMAW / 135
Les gaz industriels de soudage et la norme européenne EN ISO 14175 : 06/2008
Quel type de gaz de protection dois je utiliser pour souder en MAG/135/ GMAW ?
Comment choisir le détendeur-débitmètre de gaz de soudage ?
Quels sont les différents types de raccords des bouteilles de gaz industriels ?
Comment réaliser la protection gazeuse à l'envers du joint des soudures ?
Quelles sont les couleurs des ogives des bouteilles de gaz selon NF EN 1089-3 ?
Comment choisir le gaz de protection selon le procédé de soudage et la matière



25 - Vos commentaires et réactions sur cet article

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Commentaires (22)

24/11/2012 20:53:02 - Mbola
Bonjour à tous,
C'est grace à ce contenu technique que je me suis dirigé à acheter un poste GYS M1 auto, le remplacement de Monogys 185-2S, que je trouve d'abord abordable comme prix, et que après première mise en main en fil plein 0.6 (acier) pour souder des toles fines ( carosserie) , le poste réagit aussi bien en mode synergique que réglage manuel. Je ne suis pas un soudeur de métier, je me débrouille comme je peux, je dirais que le GYSl M1 auto est un poste largement satisfaisant niveau qualité, prix et satisfaction. Et le plus c'est que les consommables et pièces détachées sont trouvables partout. Merci au site soudeurs.com et à tous. Mbola

24/11/2012 21:00:18 - Dominique ADMIN
Bonsoir,

Il faut aussi dire un grand merci au Membre arnaud72 qui a concocté cet excellent article et a choisi le site spécialisé Soudeurs.com pour l'afficher.
À bientôt

Cordialement,

27/11/2012 18:56:36 - Mbola
Bonsoir,

Biensur je remericie tout le monde pour ne pas oublier qui que ce soit; Comme je suis nouveau sur le site j'ai pas fait attention que c'est Arnaud72 qui a fait l'article. Dans tous les cas je tire mon chapeau pour lui, il est de bon conseil et surtout il est pârtout et n'est pas du tout avare de conseil.

Encore merci.

05/04/2013 07:52:46 - Enrcisodelavega
Très intéressant comme une très grande partie de ce site.
Mais lavis d'un pro face à une situation donnée reste une valeur sure.

Je vais poster mon cas espérant poser clairement le problème de mon choix

05/04/2013 09:14:45 - soudure vervietoise
Félicitation Arnaud pour ce développement technique et surtout pour l'aspect pédagogique que vous lui avez donné. Vos explications sont tout à fait pertinentes et de la sorte, à la portée de tout un chacun.
J'imagine que la rédaction d'un texte aussi long vous aura couté quelques heures de travail. Attention aux insomnies... et encore bravo.

08/05/2013 09:02:31 - herve50
Merci pour tous ces détails toujours très utile pour des non-initiés, bravo pour la qualité de l'article.
Hervé

25/05/2013 21:00:53 - chbaeten
Merci pour ces bons conseils et l'approche très pédagogique de cet article bien structuré. Mon choix entre un MigMag inverter ou un MigMagTig inverter n'est pas encore fait (voir mon post du 25/05/13), mais j'ai déjà une meilleure idée sur la question.

12/12/2013 08:42:25 - Freeman34
Bonjour,

Une donnée du tableau des postes me semble erronée : Le support bouteille du Gys SmartMig 162. Vous écrivez 2,5m3 (s11) alors que sur leur site et sur l'emballe carton il y'a marqué 1.1m3 max (donc s05).
Comme vous vous y connaissez mieux que moi, est-ce normal ? Peut être que la bouteille s11 passe finalement ? Alors pourquoi marquent-ils (gys) max 1.1 m3 ?
Je viens d'acheter le smartmig 162, je comptais prendre une s11 mais de voir marqué 1.1 max m'a refroidi. SI jamais vous me confirmez que la s11 passe, je serais content.

Merci d'avance pour votre retour.

12/01/2014 11:20:45 - TiryBasse
Super article, merci.

29/10/2014 09:19:23 - axelle
Super article. Quel travail et quelle masse d'informations. Merci
Axelle

28/12/2014 12:41:04 - dpblegny
Superbe article ,très clair
Je cherche l'importateur de GYS en Belgique
Si quelqu'un connait ,merci d'avance

25/12/2015 13:12:35 - land2a
Bonjour , Arnaud72

Merci beaucoup pour l'article

28/12/2015 20:59:22 - fadiese
Bravo Arnaud72 pour ce magnifique travail... et merci

04/03/2016 22:24:25 - 2013julien
excellent

04/11/2016 09:43:34 - celestinmarie
super article très complet et enrichissant pour faire le choix d'un poste à souder

03/12/2016 18:24:56 - lili4lteam
Merci!

19/09/2017 10:07:50 - Eric087
Un superbe article.

Merci beaucoup pour tous ces conseils précieux.

Eric

11/11/2017 09:29:54 - monsieurF
Merci à tous pour les conseils apportés.
Je continue à faire murir mon projet.
Peut être une location de poste ou le prêt peut aider à finaliser un choix ?
mf

17/11/2017 11:15:15 - gerald 13
bonjour a tous
super article comme toujours bravo Arnaud 72
cordialement

02/05/2018 09:35:27 - Valkyr
Bonjour,
Merci pour ce guide hyper intéressant!
Il m'a conforté dans le choix déjà fait de mon poste, c'est cool.
Juste une broutille (je chipote mais bon): dans le tableau 17 - Tableau de comparaison de quelques postes à souder MIG/MAG (MAJ 26/11/2012), ligne Courant max EN 60974-1 à facteur de marche, colonneGYS SmartMIG 16 2, je vois écrit "1115 A à 20%". Je suppose qu'il faut lire "115 A à 20%", non?

02/05/2018 16:31:58 - Dominique ADMIN
Bonsoir Valkyr

Merci pour votre alerte
C’est corrigé
Bonne soirée

Dominique

25/07/2019 08:17:07 - samsamus
merci aux rédacteurs!